Sursaut économique dans les Vosges

February 22, 2017

Nette progression du travail intérimaire dans les Vosges en 2016 de + 19,6%. 
« Il y a une demande plus forte de la part des entreprises en ce moment car il y a des commandes à honorer »

 

 

Article de Vosges Matin du 03/02/2017 : 

 

L’économie est une science complexe et bien souvent inexacte. À tel point que nombre de prophètes se sont brisé les dents en tentant de lire dans les arcanes de cette discipline. Mais malgré la difficulté de l’exercice, certains indicateurs permettent de donner une tendance, de brosser le portrait d’une conjoncture qui, aujourd’hui, commence à reprendre des couleurs.

Le travail intérimaire fait partie de ces présages qui augurent, souvent, les prémices d’un regain d’activité. Dans le département, l’intérim est en plein boom avec une augmentation de 19,6 % entre octobre 2015 et octobre 2016. Les Vosges se placent avec ce chiffre sur le podium du Grand Est, derrière la Meuse et la Haute-Marne.

 

Sur le terrain, les agences d’intérim confirment cette tendance. « Il y a une demande plus forte de la part des entreprises en ce moment car il y a des commandes à honorer », explique Myriam Fidalgo, responsable des agences d’Épinal, Vittel et Remiremont chez Manpower.

 

L’industrie, premier bénéficiaire

C’est aujourd’hui dans l’industrie que cette tendance se fait le plus sentir. Sur 100 intérimaires détachés dans les Vosges, 65 travaillent dans cette branche. « C’est la force des Vosges. Nous ne sommes pas dans un département mono-industriel, il y a beaucoup de secteurs. Forcément, s’il y a une reprise dans les activités de production, ça bouge », poursuit Myriam Fidalgo. Le constat est le même chez Crit. « On sent que quelque chose se passe. 2015 et 2016 ont été de belles années. Je ne pense pas que ce soit un feu de paille », analyse Nathalie Patocco, responsable des agences d’Épinal et Saint-Dié. À souligner toutefois que le BTP ne profite pas de ce sursaut d’activités, malgré quelques prévisions encourageantes. Les entreprises, malgré des signes positifs, restent toutefois très prudentes quand il s’agit de parler d’embauches. Le manque de visibilité ne favorise pas le recrutement permanent mais booste le travail intérimaire. « L’intérim a fait un bond car les entreprises n’embauchent toujours pas. On bénéficie d’un côté de la frilosité de ces entreprises et, de l’autre, des carnets de commandes qui se remplissent avec des contrats qu’il faut honorer », estime Nathalie Patocco.

 

Moins de licenciements économiques

La prudence, c’est aussi ce que préconise le Médef. Si le président vosgien, Michel Borens, « constate un rebond », il reste néanmoins conscient que le bout du tunnel n’est pas encore atteint. « On va chercher des intérimaires car on ne peut pas embaucher en CDI, nous ne sommes pas certains que les marchés vont tenir », commente-t-il. « On avance à petits pas mais la courbe s’est stabilisée. Aujourd’hui, on voit arriver des commandes qu’on n’avait plus l’habitude de voir. » La Direccte (Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi), via plusieurs statistiques, confirme elle aussi que les indicateurs verdissent. Notamment en soulignant d’un côté la baisse du nombre de licenciements économiques (764 en 2016 contre plus de 1 000 en 2015, plus de 1 200 en 2014 et plus de 1 900 en 2013) et de l’autre, la hausse de l’emploi salarié (+ 0,6 % entre le troisième trimestre de 2015 et le troisième trimestre de 2016.)

 

Conjugués, ces facteurs ne garantissent certes pas un retour du plein-emploi et une courbe du chômage qui s’inverse de manière durable. Mais ils permettent d’entrevoir et d’espérer un retour du printemps après un hiver bien trop long.

 

Grégoire HALLINGER

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