Recruter en région : " C’est très compliqué de se faire connaître et d’atteindre les candidats "

March 10, 2017

Qui a dit que l'implantation géographique était un problème ? Voilà les nouveaux leviers des entreprises pour recruter.

 

 

Article du Monde du 28/02/2017 : 

 

 

Paroles de recruteurs. « Le Monde » est allé à la rencontre de dirigeants d’entreprise ou de DRH, pour en savoir plus sur leurs recrutements en 2016, ainsi que sur les mesures en faveur de l’emploi qu’ils aimeraient voir porter par les candidats à la présidentielle.

 

 

Gersende Boulnois est DRH d’Isagri, un éditeur de logiciels et de presse agricole. Implantée à Beauvais, dans l’Oise, l’entreprise compte 1 500 collaborateurs.

 

« Nous recrutons environ 100 personnes par an de bac +2 à bac + 5, mais ce n’est pas toujours facile malgré des campagnes actives de recrutement. Nous recherchons principalement des ingénieurs de formation Agri/Agro avec une composante commerce, ainsi que des développeurs et des chargés de relation client. Notre implantation géographique constitue un frein pour certains candidats.

 

Nous mobilisons différents leviers pour recruter. Il y a quelques mois, nous avons entièrement refondu notre site emploi et effectué un important travail sur le référencement. Grâce à cela, nous avons plus de trafic et donc de candidatures. Nous diffusons également nos annonces sur des job boards de type Association pour l’emploi des cadres (Apec), Cadremploi… Mais nous observons une variation importante de leur audience d’une année sur l’autre.

 

Il y a comme une course pour être sur le bon site. Les réseaux sociaux professionnels sont également devenus incontournables. Nous sommes ainsi présents sur Facebook et LinkedIn. Nous nous appuyons aussi sur la cooptation. Grâce à toutes ces actions, nous recevons entre 9 000 et 10 000 candidatures par an.

 

Faire découvrir les métiers. Par ailleurs, nous intervenons dans les écoles d’ingénieurs pour faire découvrir aux étudiants nos métiers, notamment la partie commerciale qu’ils connaissent mal. Nous leur proposons de suivre durant une journée l’un de nos collaborateurs pour mieux comprendre ses missions.

 

Pour faire face à la pénurie de développeurs et de chargés de relation client, nous avons noué un partenariat depuis plusieurs années avec Pôle emploi via des POE (Préparation opérationnelle à l’emploi). Cela permet de former des candidats de très bon niveau à ces métiers. Ce sont des jeunes diplômés de filières où il y a peu de débouchés. Cela constitue une vraie richesse pour l’entreprise. Et cela nous semble important de donner une nouvelle chance à ceux qui sont dans une impasse professionnelle.

 

Nous essayons également de faire changer le regard sur le métier de chargé de relation client. Les personnes ont une fausse image de cette activité. Ils imaginent un poste de conseiller sur hotline, or il s’agit avant tout d’assurer un support à nos clients, via des appels entrants, afin qu’ils utilisent au mieux nos produits.

 

Innovations. Enfin, nous essayons d’innover dans nos façons de recruter. Nous avons mis en place des entretiens de préqualification par Skype ou vidéo différée. Une fois cette étape franchie, les candidats viennent passer une journée au siège pour découvrir l’entreprise. Nous avons aussi créé un business game [jeu d’entreprise]. La septième saison a attiré 2 000 participants et nous donne l’occasion de repérer de très bons candidats.

 

Je remarque certaines évolutions dans les attentes des futures recrues. Leur recherche de sens n’est pas juste un concept à la mode. Auparavant, ils adoptaient un comportement cartésien dans leur recherche d’emploi. Maintenant, ils recherchent une aventure d’entreprise, quelque chose de plus grand qu’eux. Bien sûr, ils regardent le contenu du poste, mais aussi ce à quoi ils vont contribuer. Nous misons beaucoup sur la convivialité et la possibilité de rencontres régulières avec nos dirigeants. Les jeunes ont besoin de cette proximité. Certains ont envie de grandir chez nous, d’autres iront voir ailleurs. La fidélisation est un enjeu important.

 

Un problème de fond est l’inadéquation importante entre les métiers de l’entreprise et les formations proposées, notamment dans la région.

 

Pour une entreprise comme la nôtre, pourtant en croissance et en bonne santé financière, il est très compliqué de se faire connaître et d’atteindre les candidats. Cela nécessite beaucoup d’énergie. Il faut innover sans cesse. »


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/emploi/article/2017/02/23/recruter-en-region-c-est-tres-complique-de-se-faire-connaitre-et-d-atteindre-les-candidats_5084364_1698637.html#tv4jHb4uDg4GbPgi.99

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