Chômage dans le Grand Est: quelle zone d'emploi s'en sort le mieux?

Visualisez la situation de l'emploi et ses évolutions dans le Grand Est avec la carte interactive de Matthieu KEDZIERSKI.

 

 

Article du Républicain Lorrain du 28/02/2017 : 

 

 

1. La dynamique des zones d'emploi

 

Dans les anciennes régions qui composent le Grand Est, l'emploi était historiquement porté par les grands ensembles urbains: l'axe Reims-Troyes pour la Champagne, le sillon Metz-Nancy-Epinal pour la Lorraine et l'Eurométropole strasbourgeoise pour l'Alsace. Mais la crise économique, à partir de 2008, a donné un coup d'arrêt à la croissance dans ces zones, exception faite de l'Alsace.

 

Le contrecoup s'est fait ressentir de manière nette dans les secteurs qui étaient situés en périphérie de ces axes dynamiques. Il a renforcé un phénomène d'enclavement dans une "écharpe" qui cumule déprise démographique et baisse de l'emploi. Cette grande zone en forme de U passe par Charleville-Mézières, Verdun, Bar-le-Duc, va jusqu'à Vesoul en Haute-Saône, avant de remonter en Lorraine par Remiremont, Saint-Dié, Lunéville et Forbach.

 

Les trois zones d'emploi où le chômage est le plus bas dans le Grand Est sont, dans l'ordre, Wissembourg (6,1%), Molsheim-Obernai (6,5%) et Haguenau (7,2%).  Des secteurs situés en Alsace, où l'économie est dynamique et où les flux frontaliers sont aussi un levier. A l'inverse, les trois zones d'emploi où le taux de chômage est le plus conséquent sont, dans l'ordre, Saint-Dié-des-Vosges (13,8%), Forbach (12,9%) et Charleville-Mézières (12,8%). Des zones à fort héritage industriel, où la reconversion est encore difficile, en dépit d'initiatives comme la création de zones franches. Un chiffre résume à lui seul l'ampleur du problème: en dix ans, le Grand Est a perdu plus de 80 000 emplois industriels! 

 

On notera aussi une curiosité: Chaumont-Langres, une zone d'emploi qui perd de la population, a paradoxalement un taux de chômage assez bas (7,4%), tandis que sa voisine, Troyes, affiche un des pires chiffres de la Grande Région (12,4%).

 

Autre conséquence de la crise: comme le reste de la France, le Grand Est souffre d'un chômage de longue durée assez conséquent. C'est un phénomène qui n'a cessé de prendre de l'ampleur de 2008 à fin 2015 et qui n'a marqué le pas que récemment. Dans la plupart des zones étudiées, près d'un demandeur d'emploi sur deux est au chômage depuis plus d'un an. 

 

2. Le chômage en fonction de l'âge

Dans toutes les zones d'emploi du Grand Est, la majorité des demandeurs d'emploi a de 25 à 49 ans. Mais la pyramide des âges varie de manière assez conséquente, selon notamment que l'on se situe ou non en agglomération. Dans les grandes villes, le chômage des jeunes et des seniors est globalement moins élevé qu'ailleurs.

 

Saint-Louis et Longwy sont les zones où le pourcentage de demandeurs d'emploi de moins de 25 ans est le plus faible (11,9% du total), juste devant Strasbourg (12,6%). Les zones où, à l'inverse, le chômage des jeunes est le plus élevé sont Lunéville, Sarrebourg et Verdun, qui affichent des valeurs autour de 17%.

Concernant le chômage des plus de 50 ans, les zones les plus préservées sont Châlons-en-Champagne, Reims et Strasbourg (les seniors représentent un peu plus de 21% du total des chômeurs), tandis que les moins bien loties sont Wissembourg, Saint-Louis et Remiremont (jusqu'à 34% du total des demandeurs d'emploi).

 

3. L'influence des grands pôles et l'emploi frontalier

En 2013, dans ce qui allait devenir la région Grand Est, plus d'un demi-million de personnes travaillaient dans une autre zone d'emploi que celle où ils résidaient. Ces déplacements domicile-travail concernent un actif sur six (16,1%)! Ils se font à l'avantage des grands pôles urbains. Dans le cas de la zone d'emploi de Strasbourg, par exemple, on compte plus de 63 100 travailleurs venus des territoires limitrophes : Haguenau, Saverne, Molsheim, mais aussi de bien plus loin, comme de Colmar.

 

Dans le sillon lorrain, Metz et Nancy gagnent de plus en plus de navetteurs, quand Thionville, Forbach et Epinal en perdent. Enfin, en Champagne, seule Reims parvient à créer un réseau autour d'elle, bien qu'on dénombre à peu près autant d'actifs qui y viennent y travailler que d'actifs qui en sortent pour travailler aux alentours.

Mais notre région, située au carrefour de quatre pays, est surtout marquée par le phénomène des frontaliers. Il représentent un flux de près de 200 000 personnes.

 

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